Jeudi 28 Octobre, Jour 52.
Lorsque nous y arrivons, il y a pleins de jeunes qui picolent a l'abri de la pluie. Nous engageons la discution avec eux. Ils parlent tous un tres bon anglais et sont tres acceuillants. Ils sont heureux de discuter avec deux Francais et le courant passe tres bien. Nous sommes apparement tombe sur le lieu ideal ou les jeunes les plus sympas de Podgorica ont l'habitude de se retrouver. Nous nous faisons de nombreux amis et passons le reste de la soiree avec eux. Deux d'entre eux nous invitent ensuite a boire un rakija dans leur bar habituel. Nous les suivons et decouvrons cet alcool. Le serveur nous ramene des verres pleins aussitot que nous en avons termine un et nous devons refuser les derniers car ils faut etre a peu pres alerte pour dormir dehors! Ils nous deposent ensuite sous le pont que nous avions quitte et passons une bonne nuit a la belle etoile et au sec.
Nous partons ensuite recuperer nos affaires. Comme il est 18h passees, il fait deja sombre. Nous ne pouvons donc pas repartir en stop. Nous passerons donc une nouvelle nuit a Podgorica. Comme il ne pleut pas, nous decidons de nous installer dans un coin plus tranquille et discret, a quelques metres du pont, pour dormir a la belle etoile. Vers 3h du matin, nous sommes reveilles par la pluie. Il doit pleuvoir depuis une bonne heure car nos tapis de sol sont trempes et nos sacs de couchage commencent a prendre l'eau. Il faut reagir! Nous remballons nos affaires en vitesse et courons nous refugier sous le pont. Il souffle un bon vent et pouvons donc secher a peu pres nos affaires, puis nous rendormons.
Heureusement, Erko, un slovene d'une trentaine d'annees s'arrete pour nous emmener. Il est tres marrant. Il parle un melange de slave, d'allemand et d'anglais. Quelques kilometres avant Rozaje, il tombe en panne d'essence! "Katastropha, benzina, kaput!" Nous attendons une bonne demi heure , dans le noir degustant nos premiers mantija avant que son oncle n'arrive avec de l'essence. Nous arrivons a Rozaje et ils nous invitent a boire un verre. Nous passons donc quelques temps avec Erko, son oncle et son cousin.
Il nous depose ensuite dans le centre ou nous faisons quelques courses avant de chercher un endroit ou dormir. Nous demandons a trois charmantes jeunes filles s'il y a un parc ou dormir. Rozaje est une toute petite ville , un village meme, et il n'y a donc pas de parc. Mais notre chance est que cette region est musulmane et que l'hospitalite n'y est pas un vain mot. Apres avoir passe deux coup de fils, elles nous emmenent chez l'oncle de l'une d'elles, qui a accepte que nous dormions dans son jardin. Nous les remercions et installons notre tente pour la nuit.
Lorsque nous nous reveillons, nous dejeunons tranquillement installes sur les meubles de jardin. N'ayant pas rencontres nos hotes, nous ecrivons "hvala" (merci) avec des branches sur la table et partons. Nous nous promenons un peu dans la ville et voyons deux tres belles mosquees. Nous prenons un cafe. Il y a une flaque de sang juste a cote et beaucoup de policiers. Il y a eu un reglement de compte ce matin. Rozaje est une ville aux mains de la mafia locale, un point de passage strategique sur la route de la drogue, entre Istanbul et l'europe.
Nous repartons faire du stop et n'attendons que 5 minutes avant qu'une voiture ne s'arrete. Il y a deja 4 personnes dedans et ils se serrent pour nous faire entrer. Nous parcourons encore cette magnifique route au milieu des montagnes. A la frontiere serbe, nous ne sommes pas controles car la personne qui nous emmene passe par la tous les jours et connait les douaniers. Nous ne voyons donc pas nos passeports tamponnes, ce qui sera lourd de consequence pour nous par la suite...
Nous voulons aller au Kosovo et notre chauffeur part vers le nord de la Serbie. Nous sommes donc deposes au croisement. Nous sommes sur une route quasi deserte. Les rares automobilistes qui passent nous jettent des regards mauvais. Le paysage est magnifique mais notre premier contact avec la Serbie n'est pas rassurant. Nous attendons 3 heures et aucune voiture ne s'est arrete.
Nous commencons a desesperer et faisont une croix sur le Kosovo. Nous allons donc faire du stop sur la route qui remonte vers le coeur de la Serbie. Il commence a faire sombre et personne ne s'est encore arrete. Nous n'avons pas d'argent sur nous et sommes dans un minuscule village ou il n'y a pas de banque. Il faut absolument que nous rejoignons une ville si nous voulons manger ce soir! Un bus passe qui va a Novi Pazar, la premiere ville de Serbie sur notre route. Le ticket ne coute qu'un euro et decidons donc de la prendre. Nous sortons ainsi de ce mauvais pas, pleins de doutes sur les serbes!
Arrives a Novi Pazar, nous cherchons un endroit pour dormir. On nous indique un parc mais il est petit et nous ne pouvons pas nous y installer. Nous continuons notre route en suivant la riviere a la recherche d'un pont sous lequel dormir a l'abri de la pluie. Nous en trouvons un un peu eloigne du centre et relativement propre. Nous nous y installons. Quelques temps apres, deux policiers arrivent pour nous controler. Nous leur presentons nos passeports et ils fouillent nos sacs. Ils nous demandent de les suivre au commissariat. Nous les suivons donc en nous demandant ce qu'ils nous veulent. Apres avoir attendu une bonne heure, un inspecteur nous emmene dans son bureau. il passe de nombreux coups de fils.
Une fois liberes, nous savourons notre liberte, mais nous avons 24h pour quitter le territoire de Serbie. Notre interprete (une femme formidable) nous offre un cafe et des mantija et nous indique ou prendre un bus. Il y en a un qui part a 22h pour Nis, ou nous trouverons un autre bus pour Sofia en Bulgarie. En attendant le bus, nous discutons avec des serbes qui se foutent de nous quand nous leur disons que nous sommes francais. ces gens n'ont pas l'air d'apprecier les etrangers. Notre bus a du retard et nous commencons a etre inquiets car nous voulons vraiment partir en respectant le delai. Nous ne voulons plus avoir d'ennuis! Il arrive finalement avec une heure de retard. Le chauffeur est moins aimable qu'une porte de prison (et je sais de quoi je parle...). Il jette nos sacs dans la soute et ne nous rend pas notre monnaie lorsque nous payons les billets. Decidement, ces serbes, ils commencent a nous plaire!
Nous roulons pendant pres de 5 heures et arrivons a Nis au milieu de la nuit. Nous cherchons un distributeur pour payer les billets pour Sofia et les gens a qui nous demandons de nous en indiquer un nous aboient dessus plus qu'ils nous repondent. Un jeune fini par nous aider. Nous prenons nos billets et partons a 4h30 pour Sofia. Le chauffeur de ce bus est encore plus desagreable que le dernier, ce qui n'est pas peu dire. A la douane, nous presentons notre avis d'expulsion au policier. Le chauffeur mime un coup de pied au cul, semblant ravi qu'on expulse des etrangers de son pays. Ca fait beaucoup rire les autres passagers. Notre image de la Serbie est surement biaise, mais nous recommandons vivement de ne jamais y aller! Les jeunes sont sympas mais les plus ages detestent les etrangers. Le passe peut surement expliquer le nationalisme des plus anciens... Nous ressentons un profond soulagement en passant la frontiere Bulgare. Nous avons traverse pas mal de pays depuis le debut de notre voyage et les gens que nous avons rencontre en Serbie etaient, a quelques rares exceptions pres, tres nettement plus desagreables que les habitants des autres pays des Balkans. Si vous avez des temoignages susceptibles de nous reconcilier avec ce pays, ils sont les bienvenus...
Nous arrivons a Sofia a 8h du matin et des les premieres minutes, nous nous reconcilions avec notre voyage. Des sourires, des formules de politesse... Incroyable! C'est decide, a Sofia, nous dormirons a l'hotel car nous avons besoin de nous remettre de nos emotions de Serbie.
pas mal!
RépondreSupprimerJe t avais dit la Macedonia... tu m a dit non ils sont sympa les serbes et les kosovar!
Continuez bien... entier...
A++
bapt
ouffff.. c'est haletant! Bonne continuation messieurs.
RépondreSupprimerbecots
Un ancien marcquoie
hum. super l'humour porte de prison!
RépondreSupprimerle sandjak de novi pazar c'est un peu réputé comme le 62 des balkans, des arriérés bien nationalistes (majoritairement bosniaque d'ailleurs) et une région pas bien développée. après c'est vrai que vous êtes pas restés que là, alors...c'est un témoignage intéressant. mais là où je nuancerais c'est que je pense qu'on se sent pas tjs très bien accueillis en tant qu'étranger en croatie et en bosnie-H non plus. et en france non plus, tiens. "Mais Paris ça reste en france et les français restent les français..."
faites un bisou à Istanbul de ma part! (sur la joue!)
Hello mon Louis
RépondreSupprimerA vous lire comme ça votre séjour en Serbie a l'air d'avoir juste été désagréable. Un vrai cauchemard oui. heureusement que je n'ai su ça qu'après. Tu as bien fait de ne pas nous téléphoner avant. Allez, les voyages forment la jeunesse mais cette expérience était-elle bien utile ...Profitez bien de votre séjour à Istanbul et revenez nous en bonne forme pour nous raconter tout cela.Biz à vous deux
Marion